Si pour Robert Escarpit (journaliste de renom Français) "L’érotisme est une pornographie de classe", pour d’autres, les frontières dissociant l’érotisme de la pornographie sont beaucoup moins manifestes.

L’érotisme (du grec erôs : « le désir amoureux ») caractérise l’ensemble des représentations suscitant une excitation émotionnelle liée à la sexualité. En revanche, on ne peut pas l’associer directement à celle-ci car il ne renvoie pas à l’acte sexuel à proprement dit, mais à tout ce qui le suggère, ainsi qu’à l’ensemble des projections mentales qu’il invoque, plus particulièrement celles des fantasmes. L’érotisme est une vénération des sens, une science de la chair, mais aussi une forme d’expression charnelle et culturelle, voire artistique, du désir. En effet, car dans l’art, il est au coeur de la substance, procurant aux représentation une matière suggestive, implicite, et sulfureuse.

Tandis que l’érotisme exhale ce qui est ressenti, la pornographie ne va pas plus loin que ce qu’elle montre déjà, en d’autres termes : le coït explicitement, et bien souvent de façon obscène et avilissante. Néanmoins, nous ne pouvons nier que ces deux domaines bien distincts sont en proie à l’amalgame : la pornographie étant un instrument pour parvenir à un objectif qui n’est autre que celui de la perception érotique et de l’excitation. Malheureusement, pour pas mal d’entre nous la pornographie n’est qu’un vil prolongement de l’érotisme, une sorte de perversion de ce dernier. Les termes anglais "soft" et "hard", pour distinguer la pornographie de l’érotisme, illustrent parfaitement ce manque de discernement portant à confusion toute tentative d’étude du domaine sémantique.

André Breton avait quant à lui sans doute la réponse : "La pornographie, c’est l’érotisme des autres."
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